Selon une étude CSA, 83% des Français préfèreraient vieillir à domicile. Cette volonté est plus difficile à satisfaire face à l’épreuve de la perte d’autonomie. Quelles sont les solutions pour une personne âgée qui souhaiterait se maintenir malgré une perte d’autonomie ?

Le statut d’aidant familial ou aidant naturel

La France compte plus de 4.3 millions d’aidants familiaux (anciennement aidants naturels) pour les personnes âgées. C’est la solution la plus naturelle : celle de prendre en charge familialement la perte d’autonomie d’un proche. Depuis peu, cette situation de fait est reconnue par le droit français qui accorde un véritable statut aux aidants familiaux pour les protéger.

Ainsi, sont reconnus comme des aidants les personnes qui assurent un suivi régulier et d’une certaine intensité à des proches connaissant des difficultés de vie importante. Aider un proche atteint de la grippe une quinzaine de jours ne suffit pas à obtenir le statut d’aidant familial. En effet, la régularité (suivi long dans le temps) et l’intensité (importance du besoin de la personne aidée) sont déterminantes.

Ce statut ouvre droit à des formations spécifiques mais également à un droit au répit et un congé d’aidant.

Le droit au répit est une aide financière (500€ max par an) délivrée en plus de l’APA pour permettre à l’aidant d’être relayé. Elle permet ainsi de financer un auxiliaire de vie professionnel ou un séjour court en établissement.

Le congé d’aidant est un congé pour les aidants qui exercent une activité professionnelle. L’employeur est dans l’obligation de l’accorder. Ce congé est de 3 mois maximum par an mais peut-être fractionné dans le temps.

Il est aussi possible d’obtenir le statut d’aidant salarié si la personne âgée dépendante accompagnée est bénéficiaire de l’APA. Cette allocation peut ainsi lui permettre de rémunérer un proche aidant familial. L’APA prend en effet en charge le dispositif d’aide à domicile (en intégralité ou en partie, en fonction des revenus). Aussi, elle peut donc servir à rémunérer un proche. Toutefois, ce statut oblige l’aidant à respecter des conditions de travail.

La situation d’aidant familial peut être difficile à porter sur le long terme. Faire appel à des auxiliaires de vie professionnelles est un moyen de soulager ce poids.

Auxiliaires de vie pour personnes âgées dépendantes

Le rôle d’une auxiliaire de vie

L’auxiliaire de vie vient soutenir les personnes âgées dépendantes dans leur quotidien. Son rôle est social et non médical : elle ne peut apporter aucun soin à la personne accompagnée.

Ses missions peuvent être diverses : aide à la mobilité (lever, coucher, promenade), aide à l’entretien du logement (ménage, achats), préparation des repas ou encore stimulation de la personne accompagnée par la conversation ou par le jeu. L’auxiliaire de vie peut aussi aider pour la toilette ou l’alimentation. L’auxiliaire de vie veille aussi au quotidien sur l’état de santé de l’accompagné. Elle peut prévenir la famille ou l’équipe médicale en cas de problème.

Coût d’une auxiliaire de vie

Le coût d’une telle prestation est variable en fonction des qualifications et de l’expérience de l’auxiliaire de vie mais aussi des types de services réalisés.

Dans l’ensemble, le prix avoisine les 25€/h en journée. Ce prix ne tient pas compte des différentes aides disponibles. D’abord, 50% des sommes versées sont déductibles d’impôts. L’APA peut aussi prendre en charge le coût du dispositif d’aide (pour les personnes en GIR 1 à 4). En fonction des revenus de la personne aidée, l’APA finance tout ou partie du dispositif d’aide.

SSIAD définition

SSIAD désigne les Services de Soins Infirmiers à Domicile. Ces derniers peuvent intervenir au domicile des personnes âgées qui nécessitent un suivi médical, sur prescription médicale. L’Assurance Maladie couvre les frais liés à leur intervention.

Les équipes de SSIAD sont composées d’aides-soignants et d’infirmiers qui réalisent des soins quotidiens (toilette, …) et des actes infirmiers (pansements, distribution de médicaments, injections, …). Les SSIAD peuvent également coordonner les autres intervenants médicaux et paramédicaux (kinésithérapeutes, médecins, …).

Limites du maintien à domicile

Si vous optez pour le maintien à domicile, il est important d’être bien conscient des avantages et des limites de cette solution. En effet, cela permet d’anticiper et ne pas être contraint de trouver une structure d’hébergement en urgence. Vous connaissez déjà les avantages du maintien à domicile, voici donc quelques-unes de ses limites. Avoir connaissance de ces limites vous permet d’anticiper les problèmes que vous pourriez rencontrer et d’envisager sereinement la durabilité de cette solution.

En plus des aidants et des équipes médicales, le maintien à domicile nécessite des aménagements matériels pour adapter le logement aux nouveaux besoins de la personne âgée. Parfois ces aménagements deviennent trop coûteux ou ne sont pas possibles.

Par ailleurs, pour les aidants familiaux, la gestion des personnels et des démarches liés au maintien à domicile prend du temps et de l’énergie et cela peut devenir difficile à long terme. La situation d’aidant expose à des risques psycho-sociaux sérieux : stress, angoisse, fatigue, …

Enfin, les aidants familiaux comme les auxiliaires de vie sont difficilement remplaçables. Aussi, il est délicat de dégager des congés, temps de repos ou même des absences pour maladie sans perturber le quotidien de la personne âgée.

Transition du maintien à domicile vers un EHPAD

Lorsque le maintien à domicile n’est plus possible ou plus souhaitable, il est important d’anticiper le placement en EHPAD. Voici quelques règles à ne pas oublier pour faciliter la transition :

  • Eviter l’urgence : c’est peut-être le conseil le plus important. Il est fréquent que des familles se retrouvent au pied du mur au moment du placement en EHPAD : après une hospitalisation, une perte brutale d’autonomie, … L’urgence peut être une grande source de stress pour la personne âgée comme pour la famille. L’anticipation et la discussion offrent plus de sérénité.
  • Privilégiez une transition douce : si cela est possible, une transition douce est préférable. De nombreux EHPAD proposent un accueil de jour ou des séjours de courte durée qui permettent une familiarisation progressive de l’établissement pour une personne âgée. L’EHPAD de destination peut vous aider à organiser cette transition.

Choisissez bien l’EHPAD : le prix n’est pas gage de qualité et ne doit pas être le seul objet de comparaison entre les établissements. Dans cette démarche, RetraiteAdvisor vous accompagne en vous proposant des fiches détaillées comprenant des avis et commentaires déposés par les clients actuels de différents EHPAD. Cela vous donnera un meilleur aperçu de la qualité réelle de l’établissement convoité.